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Congolese Football News21 mai 2024
InterviewEntraîneurs

INTERVIEW EXCLUSIVE : Yannick Kakoko

Yannick Kakoko, fils de la légende Yannick Kakoko

CFN : On est très heureux de réaliser cette interview avec vous. Pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

Yannick Kakoko : Bonjour, je suis Yannick Sambea Kakoko. Je suis l'entraîneur de Titus Pétange en BGL Ligue en Première Division Luxembourgeoise.

CFN : Parles-nous de ton parcours.

Yannick Kakoko : J'ai été formé à Metz où je partageais ma chambre avec Miralem Pjanic. Puis, j'ai été très vite repéré par des scouts car j'évoluais déjà avec les équipes d'âge d'Allemagne (-15 et -16). Puis à 16 ans, j'ai intégré le Bayern Munich. Je suis de la génération 90. J'ai joué avec Thomas Müller, Holger Badstuber. Puis, je suis allé au Greuther Fürth où j'ai signé mon premier contrat professionnel.

Ensuite, j'ai joué dans plusieurs clubs allemands tels que SV Wehen Wiesbaden, Waldhof Mannheim, FC Wohlen. J'ai également joué pour le FC Wohlen en Suisse. Je suis allé en Pologne à Miedź Legnica pendant 2 saisons. Puis, j'ai rejoint Arka Gdynia où j'ai remporté la Polish Cup et la Polish SuperCup. Et enfin, j'ai rejoint F91 Dudelange puis Titus Pétange au Luxembourg où j'ai fini ma carrière.

Et aujourd'hui, je suis toujours au Titus Pétange en tant qu'entraîneur de l'équipe première.

CFN : Vous avez été formé au Bayern aux côtés de Thomas Müller, Toni Kroos, Mats Hummels, Holger Badstuber notamment, qu'est-ce que ça vous a apporté dans votre carrière de footballeur et peut-être aussi celle d'entraîneur ?

Yannick Kakoko : Au Bayern, on nous a transmis la mentalité de chercher les victoires à chaque match. Thomas Müller, dès son plus jeune âge, faisait preuve d'une maturité supérieure à celle des autres. C'est peut-être ce qui m'a manqué. Je me suis reposé sur mon talent.

Aujourd'hui, je suis toujours en contact [avec] Mehmet Ekici.

CFN : Vous êtes devenu entraîneur à l'âge de 32 ans, qu'est-ce qui vous a poussé à vous lancer aussitôt dans ce milieu ?

Yannick Kakoko : J'ai connu quelques blessures. Il y a aussi les choix que j'ai pu faire. J'ai fait des choix que je ne regrette pas puisqu'ils m'ont permis de me forger. Mais ce sont tous ces éléments qui m'ont poussé à me lancer. La période Covid m'a également beaucoup aidé dans ma réflexion.

CFN : Aujourd'hui vous êtes à Titus Pétange, qu'est-ce qui vous a séduit dans ce projet ? Pourquoi avez-vous opté pour ce club ?

Yannick Kakoko : C'est un club que je connaissais parfaitement. J'ai terminé ma carrière ici. C'était l'endroit idéal pour débuter ma carrière d'entraîneur. Je savais qu'en commençant ici, je serais moins sous pression qu me permet de travailler sereinement.

CFN : Quels ont été les objectifs qui vous ont été fixés avec le club en début de saison 2022/2023 ? Et qu'est-ce que vous pensez de votre saison ?

Yannick Kakoko : L'objectif initial était de se maintenir. Je suis satisfait de notre saison. Malgré un budget limité qui est l'un des plus faibles budgets du championnat luxembourgeois, nous avons réussi à terminer à la 4e place et en finissant 4e, nous étions tout proche d'arracher une qualification en Europa.

CFN : Vous avez été élu entraîneur de l'année 2023 en BGL Ligue, pour votre première saison pleine. À quoi attribuez-vous cette réussite aussi rapide ?

Yannick Kakoko : Je suis très content d'avoir remporté ce trophée d'entraîneur de l'année. Je suis fier de mes joueurs. Comme j'ai pu le dire à mes joueurs, tout le mérite leur revient.

CFN : Il est intéressant de noter que vous avez été à la fois joueur de la BGL Ligue et que vous êtes maintenant entraîneur. Quelle est votre opinion sur l'évolution de ce championnat ?

Yannick Kakoko : C'est un championnat qui progresse bien. Il est limitrophe à la France, l'Allemagne et la Belgique. Il attire de plus en plus d'étrangers. C'est un championnat qui donne beaucoup la chance aux jeunes. Il offre des salaires confortables. Il n'y a pas d'assistance vidéo à l'arbitrage mais c'est prévu pour la saison prochaine.

CFN : Quel type d'entraîneur êtes-vous ? C'est quoi la patte Yannick Kakoko ?

Yannick Kakoko : J'ai du mal à me décrire moi-même. J'essaye de pratiquer un jeu de possession. Je suis un coach qui aime bien avoir le contrôle du match. Et puis je suis un coach très communicatif. J'ai beaucoup de respect envers mes joueurs parce que ça ne fait pas longtemps que j'étais aussi joueur donc j'arrive à comprendre cette nouvelle génération. Je continue d'apprendre.

CFN : Quels sont les entraîneurs et les courants footballistiques qui vous ont inspiré ?

Yannick Kakoko : J'essaye de m'inspirer de plusieurs entraîneurs. Je n'ai pas un coach en particulier. À chaque match que je regarde, j'essaye d'apprendre et de regarder s'il y a des choses que je peux intégrer à ma façon de voir le football.

CFN : Vous avez été international dans les catégories de jeunes ? Quels souvenirs gardez-vous de cette époque ?

Yannick Kakoko : C'était une grande fierté de représenter l'Allemagne. C'est un pays avec une grande culture de football. C'était une sélection qui était dure. C'est toujours difficile de faire partie des meilleurs dans n'importe quelle catégorie.

J'ai pu faire quelques matchs contre la France à Toulouse et aussi contre l'Irlande du Nord. C'était une très belle expérience. Ça m'a permis d'être visible et de signer par la suite au Bayern Munich.

CFN : Avez-vous un objectif, un rêve, dans votre carrière d'entraîneur ? C'est-à-dire entraîner dans un championnat en particulier, disputer une compétition en particulier ?

Yannick Kakoko : Oui bien sûr, j'ai des rêves et des objectifs. Mais pour l'instant, je me concentre sur le présent.

CFN : Vous êtes le fils du mondialiste et champion d'Afrique Etepe Kakoko, quelle relation avez-vous avec le Congo et plus particulièrement la sélection de football ?

Yannick Kakoko : Je suis un congolais né en Allemagne de parents congolais. Je ne suis jamais allé au Congo mais j'envisage d'y aller prochainement. Mais j'ai mon ami Joël Kiassumbua qui est en sélection. Je l'ai connu en Suisse. Il me tient au courant de ce qui se passe là-bas.

CFN : Avez-vous déjà été contacté par la FECOFA que ce soit en tant que footballeur ou entraîneur ?

Yannick Kakoko : Malheureusement non, je n'ai jamais été contacté ni en tant que joueur ni entraîneur. C'est dommage mais c'est comme ça.

Ça aurait été une grande fierté de représenter le pays d'où je viens, d'où mes parents viennent. Surtout en sachant que mon père a réalisé une belle histoire avec l'équipe nationale. C'est une chose que j'aurais certainement considérée.

CFN : Comme vous le savez, votre père Etepe Kakoko est une légende du football congolais. Est-ce que vous avez pour ambition aussi d'impacter le football congolais ?

Yannick Kakoko : C'est toujours dur de dire ça comme souhait. Je suis coach depuis 2,5 ans. Mais j'essaye de prendre mon expérience de football et celles que mon père a pu me raconter. J'essaye de transmettre ça à mes joueurs. Et après, on verra quel impact j'aurai. Mais, je suis plutôt quelqu'un qui pense étape par étape.

CFN : Il y a plusieurs équipes, l'équipe U17, U20, U23 et A. Est-ce que toutes ces équipes sont susceptibles de vous intéresser ?

Yannick Kakoko : Oui bien sûr, pourquoi pas. Je suis ouvert à tout. Si un jour, je reçois une proposition, je serais à l'écoute mais pour l'instant je suis sous contrat avec l'Union Titus Pétange. S'il y a une belle structure derrière, bien sûr, c'est quelque chose qui pourrait m'intéresser.

CFN : Avez-vous suivi la CAN ? Qu'est-ce que vous avez pensé de la performance des joueurs ?

Yannick Kakoko : Oui. Malheureusement, on n'a pas gagné la CAN mais on a vu une progression du football congolais. La RDC a montré un beau visage. J'ai aimé l'acte de soutien des Léopards pour le Nord-Kivu.

Dans mon effectif, j'ai un international congolais Wilson Kamavuaka et deux binationaux congolais Jonathan Benteke et Jeremy Mawatu avec qui on a beaucoup échangé.

« Les conversations comme ça, changent les idées pour moi par exemple qui suis né en Allemagne et qui ai grandi en Europe. C'est une très belle chose de faire ce genre d'interview. Ça peut changer beaucoup, à plusieurs niveaux. »